LANDSCAPE
Mon axe de travail principal est celui de la représentation du paysage et la question d'échelles et de points de vue. La création d'un espace, d'un territoire, représenté puis observé, à l'horizontal ou verticalement, microscopique et macroscopique, implique un point de vue, qui en modifie la perception. Le paysage est une vue artistique et poétique ; une sensation interne, ce que Diderot surnommait rumeur des viscères, résultat de la combinaison dynamique, et instable, d'éléments physiques qui réagissent dialectiquement les uns sur les autres. Je travaille la question du végétal, du minéral, du géologique, du biologique. Il s'agit pour moi d'un travail de processus de création à partir de l'imitation de la nature.
Mon oeuvre cherche à questionner l'appréhension visuelle du paysage, vers un nouveau mode de représentation : un Tiers-Paysage et son caractère indécidé. Une quantité d'espaces indécis. Cet ensemble n'appartient ni au territoire de l'ombre ni à celui de la lumière. Il se situe aux marges. Ces fragments de paysage constituent un territoire de refuge à la diversité. Plus que la couleur, l'ombre ou la lumière, la matière définit l'oeuvre : sa profondeur, sa richesse, son paysage, ses frontières et ses limites. Un espace et ses environnements existent.

Les pigments sont des ocres, des terres et des ombres. Le latex est omniprésent. Le brou de noix constitue la richesse des noirs et des ombres. Les résines sont principalement naturelles : la résine dammar est sécrétée par un type d'arbre caractéristique des îles indonésiennes ; la résine copal est une résine semi-fossile ; la gomme-laque est issue de la sécrétion d'une cochenille asiatique ; la colophane est obtenue après distillation d'une substance récoltée à partir des arbres résineux ; la Sandaraque est une résine végétale extraite du cyprès de l'Atlas.
Made on
Tilda