VARIATION UNDER DOMESTICATIOn

SANDRA JUGE

PEINTURE
Instaurer un mouvement des éléments qui se reconstituent et qui renaissent.
Je peins au moyen de pigments, brou de noix et différentes résines. Chaque toile doit témoigner d'un passé propre et d'une mémoire distinctive, sans qu'aucune trace de mon geste ou de mon intervention ne soit laissée. Mes recherches ont toujours pour commencement une intuition matérielle.
Un ensemble d'actions et de spéculations, en relation avec les matériaux utilisés, provoque des rapports de force et des rencontres non miscibles.
Les phénomènes, et leur inscription dans la mémoire physique des peintures, s'appuient sur des sous-couches dont les temps de séchages sont volontairement contrariés. Cette entrave favorise les processus de sédimentation.
Je facilite les expériences de la toile en encourageant, non pas le hasard, mais l'évènement.
En subordonnant la plasticité - qualité commune à tout ce qui « est » - à la contingence du fait, l'incertitude et l'indétermination sont posées en préalable à une démarche ontologique sur l'oeuvre plastique.
SANDRA JUGE
Née en 1982. Vit et travaille à Lyon.
26.05 / 19.06.16 Exposition Abstraction Slba - Orangerie - Lyon
2016 Travail préparatoire « The Origin of Species »
2015 Exposition collective - Atelier du Gazomètre - Lyon
2013 Exposition Dialogue - Galerie Terremer - Lyon
2012 Finaliste du prix Jung-Hun Mécénat - Paris
2012 Artistes en Pentes - Lyon 4

2012 Installation à Lyon
2010 Installation à Berlin

2008/2010 Assistante Galerie des Carmes - Toulouse
2007/2009 École des Beaux-Arts de Toulouse

2000/2005 Master Histoire Ancienne - Égyptologie
La toile acquiert son passé et sa mémoire. Ma peinture témoigne du temps, sans qu'aucune trace de mon geste ou de mon passage comme peintre ne soit laissée.
Mes recherches se portent sur l'alchimie des matières. Forcer et créer des fusions afin d'apporter des expériences à la toile, lui créer des souvenirs : un ensemble de pratiques et de spéculations en rapport avec la transmutation des matières. Émulsions entre corps, substances, non miscibles.
La peinture possède par elle-même une mémoire. Sa dimension complète est faite de complexité.
Thème de l'existence : les expériences, les souvenirs, la mémoire, l'aléatoire, le temps. Le vécu : l'expérience, les faits, les événements de la vie réelle. Le temps, paramètre scientifique intervenant dans les descriptions de l'évolution des phénomènes. Processus de sédimentation ; intervention du temps sur le devenir de la toile.
Engagée dans un travail pictural visant à fonder une nouvelle métaphysique, une nouvelle ontologie, autour de la notion de «contingence» : la possibilité qu'une chose arrive ou n'arrive pas, qu'un être existe ou n'existe pas.
Allégorie de l'écroulement de l'ordre d'hier et de l'avènement de l'incertitude, dont le principe est un des fondements de la mécanique quantique. L'admission d'une cause indéterminée, n'expliquant pas plus un effet qu'un autre, ne fournissant aucune solution déterminée du problème. La possibilité d'être ou d'avoir été.

TECHNIQUE MIXTE SUR TOILE
Pigments - Ardoise - Huiles - Encaustique - Brou de Noix - Acrylique - Latex - Résine Copal - Gomme Laque Lemon - Résine Damar - Résine Elemi - Cire Saponifiée - Gomme Arabique - Résine Colophane.
Instaurer un mouvement des éléments qui se reconstituent et qui renaissent.
Le futur détermine le présent.
Construire un univers où le présent est en soi obsolescent.
2012 / 2016

Chapter One Variation Under Domestication
"Le travail de Sandra Juge interroge le temps.
Le temps du regard, qui mène de la totalité au détail, mais surtout, le temps des phases morphologiques de la composition en elle-même. Les mélanges de matières (huile, pigments, brou de noix, résines...) qu'elle réalise directement à même la toile, les superpositions de couches, le mépris des temps de séchage, et quelquefois le hasard, se laissent toujours entrevoir.
Elle questionne un processus.
L'utilisation de couleurs, qu'elle qualifie elle-même de terrestres et géographiques, laisse parfois la sensation d'être en présence d'une émulsion de strates géologiques.
Mais la grammaire plastique de Sandra Juge ne se limite pas à une recherche alchimique de médium. Elle use sa toile, la détériore pour y exacerber la naissance d'un vécu, aux portes du déclin.

Ce vécu est ici comme un souvenir concret de l'œuvre ; stocké, conservé, témoin des expériences passées. Elle façonne de la mémoire, non pas en lui cherchant une analogie picturale, mais en réalisant une mise en chair, quasi organique.
En dévoilant leur intimité, les peintures lient le regardeur dans une confidence. Celui-ci se retrouve devant un work in progress volontairement tenu à l'arrêt, dans le seul but de le renvoyer à sa propre intériorité. La peinture de Sandra Juge touche un essentiel.
En provoquant la vue et, sensuellement, le toucher, elle réussit, par ses vanités postmodernes, à mettre en lumière la permanence du Temps, cet arrière-monde qui s'écoule au-dedans de l'apparente fixité du présent."
Fabrice Borie - MyToc.fr - 2012

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